Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Abdel Moustapha

Découvrez l'inforamtion cachée, le fruit d'une longue investigation. Abdel Moustatpha vous livre sans tabou ce que les médias traditionnels vous cachent

La banalisation de la violence dans le politique au Togo

Publié le 22 Juin 2016 par @Abdel-L'investigateur in Politique

La banalisation de la violence dans le politique au Togo

Ce que je pense !!!

S’il y a une locution latine que j’affectionne particulièrement c’est certainement celle-ci : « Mens agitat mollem ». En français, « L’esprit meut la masse ». Cette locution latine tire son existence de ce que, dans toute assemblée HUMAINE, se forme un esprit général qui domine et meut la masse, le groupe. Ce principe est si vrai que dès qu’on tente d’aller à contre-courant, on a vite fait de se prendre le mur en pleine tronche.

C’est le dernier fait dans la crise qui secoue le CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) qui m’amène à cette analyse, que j’ai le plaisir de partager avec vous. Vous savez certainement que l’honorable Jean KISSI a failli être lynché par les militants de sa propre formation politique, le CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), au cours d’une réunion tenue le week end écoulé à Vogan (le fief du Président du parti, Me Paul Dodji APEVON).

Je n’ai pas pour ambition de donner une solution à la crise que traverse le CAR, je n’ai pas les éléments pour ; mais j’observe simplement que c’est la première fois que pareille action (s’en prendre physiquement à un leader de parti politique) est à mettre à l’actif de militants d’un parti politique autre que ceux de l’ANC. En effet, aussi loin que remontent mes souvenirs, chaque fois qu’un leader d’opinion (société civile ou parti politique) se fait agresser, on retrouve toujours derrière les militants de l’ANC, les mêmes qui constituaient la frange dure, les radicaux, de l’UFC «unitaire».

En effet, depuis quelques années, notamment vers la fin de l’ère UFC (Union des Forces du Changement) « unitaire », force est de constater l’institutionnalisation de certains comportements parmi les militants des partis politiques, surtout de l’opposition, dite radicale. - Nous nous rappelons tous comment Gilchrist OLYMPIO, bien que Président de l’UFC (Union des Forces du Changement), a été traité à la plage de Lomé lors d’un meeting organisé par sa propre formation politique en 2010. J’ai encore en mémoire les cris, les quolibets, les jets de pierres et d’autres projectiles qui ont plu sur lui ce jour. - Nous nous rappelons tous comment certains cadres du parti s’y sont pris pour tenter de débarquer le leader historique de ce parti, les conditions délétères dans lesquelles a finalement été organisé le congrès du Parti, qui a écarté les dissidents, avec à leur tête Jean-Pierre FABRE.

- Nous nous rappelons tous l’agression dont a été victime Mr Nicolas LAWSON (Président du PRR, Parti pour la Rédemption et le Renouveau), le 13 mars 2014, à sa sortie de la radio KANAL FM, où il venait d’animer une émission. - Nous nous rappelons tous l’agression dont a été victime le dimanche 22 février 2015, Mr Paul Dodji APEVON (Président du CAR, Comité d’Action pour le Renouveau) alors qu’il sortait d’une pharmacie à Nukafu.

- Nous nous rappelons tous la tentative de lynchage dont a été victime, en avril 2015, Mr ABASS Kaboua (Président du MRC, Mouvement des Républicains Centristes) à Totsi, ne devant sa vie sauve qu’à la vigilance de quelques éléments des forces de sécurité.

- Il y a très peu des jeunes organisés en bande se sont invités dans certaines radio de la place pour, sous la menace, réclamer qu’on leur ouvre l’antenne. Personnellement, je les ai écouté sur deux (02) médias, à savoir radio Zéphyr et radio Kanal FM, si mes souvenirs sont exacts. In extenso, leur message est qu’ils s’opposent à ce que ces médias ouvrent leurs antennes à certains leaders d’opinion, dont le point de vue ne leur plait pas. Ils ont précisé que si cela continue, ils prendront des «mesures».

La liste est loin d’être exhaustive, puisque je passe volontairement sous silence l’agression de journalistes par Mr Jean-Pierre FABRE (Jean Paul AGBO-AHOUELETE), par Me Zeus AJAVON (Jean Baptiste DZILAN, alias Dimas DJIKODO), par Me Gil-Bénoit AFANGBEDJI (Aristide KOUEVIDJIN, journaliste de Nana Fm), les propos injurieux, menaçants et agressifs que Eric Dupuy, chargé de la communication de l’ANC, a tenus le 07 Mars 2014 en pleine émission à l’endroit de Sas Gaou, animateur d’émissions sur la radio KANAL FM, avant de claquer la porte, et plein d’autres. Le décor ainsi planté, revenons à nos moutons.

Cette exportation de la violence militante en dehors de l’ANC m’inquiète au plus haut point. D’abord parce que cela se produit dans l’un des partis politiques les plus sérieux, les plus organisés et les mieux structurés du Togo. Ensuite, qu’on en arrive là me déçoit personnellement. Effet, comment comprendre que des gens sensés, des intellectuels généralement, se retrouvent pour mettre en commun leurs idées pour créer et faire prospérer une organisation (parti politique) se résolvent finalement à laisser la direction de ladite organisation à des personnes qui, manifestement, pour ne pas dire de toute évidence, n’en sont point aptes ?

Ce n’est pas faire insulte aux militants de base des partis politiques que de dire que ces militants ne sont généralement pas des lumières. Ce ne sont peut-être pas tous des cancres, mais il est certain qu’ils ne sont pas aptes à impulser la direction à des organisations aussi complexes que des partis politiques. Ce qui vient de se produire au CAR résume l’expression « débat de caniveau » alors que le débat politique doit être un débat de niveau élevé, « stratosphérique » diront certains. La classe dirigeante du CAR (l’esprit), à l’instar de celle de l’ANC semble donner le pouvoir à la base (la masse), elle laisse le débat se faire à un niveau très bas, et c’est dangereux. C’est dangereux en ce sens que, comme je l’ai dit plus haut, c’est l’esprit qui meut la masse et non l’inverse. Je pense que lorsqu’on crée un parti politique, le lieu par exemple du foisonnement des idées, et qu’on le laisse finalement entre les mains de gens incultes, dont le seul mode de réflexion et d’action se résume à l’usage immodéré de la force brute, se pose un problème. Ce problème c’est celui du leadership de nos dirigeants.

Le leader c’est la lumière, c’est le clairvoyant, c’est celui qui grâce à son génie arrive à élever le reste du groupe. Je comprends qu’il est tentant pour des leaders en mal de popularité, de succomber aux cris des sirènes et de se ramener au niveau de la masse plutôt que de chercher à faire élever la masse à leur niveau. On a parfois l’impression que cela marche, mais en fait au lieu d’être populaire, on devient plutôt populeux.

Le danger que cela comporte est qu’à force de côtoyer la médiocrité et de l’entretenir, on s’y fait et on commence par agir comme la masse. Si on n’y prend garde on peut se donner en spectacle à l’Aéroport Charles de Gaulle, dans un pugilat improvisé avec un journaliste, suivez mon regard, ou se jeter sur un journaliste dans une émission télévisée à laquelle on est invité, faisant interrompre celle-ci, suivez toujours mon regard ou faire lyncher son challenger potentiel pour la direction du parti, comme cela s’est passé au CAR le weekend dernier. Bref, la proximité qu’entretien Me Paul Dodji APEVON avec l’ANC ces dernier temps, et la survenance de cet incident qu’on sait être l’apanage des militants de l’ANC (dans son village et fief), me laisse dubitatif. Néanmoins j’ose encore espérer qu’il n’a pas franchi le pas et qu’aucun mercenaire de l’ANC (comme je me suis laissé dire) n’a joué de rôle dans cette tragi-comédie. Pour finir, je pense que tous les partis politiques du Togo comprennent véritablement leur mission. S’il faut avoir plus de 110 partis politiques et que les différents politiques intra ou extra parti se résolvent par des pugilats et autres lynchages verbaux et physiques, c’est qu’on n’est pas sorti de l’auberge. Mens agitat mollem. C’est ce que je pense. Bonne journée !!!

John Wisdom
Commenter cet article