Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Abdel Moustapha

Découvrez l'inforamtion cachée, le fruit d'une longue investigation. Abdel Moustatpha vous livre sans tabou ce que les médias traditionnels vous cachent

Un texte signé par Ferdinand AYITE en 2004 en tant que SG de la NDP

Publié le 8 Avril 2013 par @Abdel-L'investigateur

AFFAIRE NDP- AGBOYIBO, OU LE DERNIER COUP RATÉ D'UN LEADER EN MAL DE REPÈRE!


J'aimerais à travers ma modeste personne, apporter un certain nombre d'informations sur les derniers évènements qui défraient la chronique dans notre pays.

D'abord, concernant les malheureux incidents du campus universitaires: nous avons tous suivi avec intérêt les manifestations qui ont entraîné la fermeture de l'université de Lomé. Tout juste après le début de ces violentes manifestations, un responsable du Hacame, en l'occurrence Dandao Tozim, a ouvertement accusé sur RFI, la NDP d'en être le commanditaire. Très surpris, nous nous sommes empressé de publier un démenti formel. Quelques instants après, de sérieuses menaces ont commencé par peser sur l'ensemble du mouvement. Des responsables proches du pouvoir ont menacé le président ainsi que d'autres membres du mouvement. Dans notre démarche de cerner les contours de ces évènements du campus, nous nous sommes rendus compte que le trésorier de la NDP, Yaguissagou, étudiant régulièrement inscrit, était actif aux cotés des délégués. Nous l'avons immédiatement rappelé à l'ordre. Nous avons par la suite reçu des informations selon lesquelles certains barons de l'entourage du chef de l'état, soucieux de préserver leurs privilèges et donc opposés à toute négociation avec l'opposition, ont infiltré des éléments extérieures au campus afin d'attiser la tension. Ils présenteront ensuite cette situation à leur chef comme une œuvre de l'opposition pour le convaincre de ne pas discuter avec cette dernière. Selon toujours les informations, ces mêmes barons projetaient le lundi 03 mai 2004 des troubles dans la ville de Lomé avec des jeunes gens qui auront pour mission de déloger les élèves; troubles qu'ils attribueront à la NDP et à l'ensemble de l'opposition. Face à cette situation, nous avons rapidement pris le risque de rencontrer les délégués étudiants pour savoir si leur motivation était autre chose que des préoccupations estudiantines. Les délégués nous ont rassuré qu'ils n'étaient manipulés par aucun parti de l'opposition et qu'ils ne comprenaient pas eux aussi la tournure violente et dramatique des évènements sur le campus. Il faut dire en réalité qu'en tant qu'anciens meneurs de mouvement estudiantins, nous ne comprenions pas aussi comment des étudiants mal organisés et dépourvus de moyens, ont pu mettre en déroute toutes les unités des forces de l'ordre dépêchées sur le campus en occasionnant de tels dégâts. Pour nous à la NDP, il fallait nécessairement déjouer ce plan avant le lundi 03 mai. Pour y parvenir, nous avons donc demandé aux délégués de rencontrer le président de la république afin de lui soumettre leurs revendications. Dans la foulée, nous nous sommes aperçus que le trésorier de la NDP entre temps rappelé à l'ordre, était toujours à la trousse des délégués. C'est en ce moment que l'ex-porte parole de la NDP, Yidi Komlan, qui gérait ce dossier ensemble avec Gilbert Atsu le président, a affirmé clairement qu'il ne comprenait pas le rôle que jouait son ami Yaguissagou dans cette affaire et qu'il avait l'impression qu'il était en service commandé; et le même Yidi d'ajouter qu'il souhaitait que des sanctions disciplinaires soient prises à l'encontre de son ami. Les délégués on manifesté leur disponibilité à rencontrer le Président de la République et nous les avons orienté vers le ministre Harry Olympio.

Le lundi 03 mai, les délégués étaient en discussion avec le chef de l'État; au même moment, les jeunes gens rassemblés quelque part en ville s'apprêtaient à descendre dans les lycées et collèges. Lorsqu'ils ont appris la nouvelle de la rencontre, le camarade Yaguissagou qui était ensemble avec ces milices, a manifesté sa colère en affirmant que cette rencontre a déjoué leur plan, au grand étonnement du président de la NDP. En effet, cette rencontre a permis de déjouer ce plan, sinon la ville de Lomé devait connaître ce lundi 03 mai, des troubles graves et aussi bien les délégués étudiants, les responsables de la NDP que ceux de certains partis de l'opposition devaient être arrêtés. Depuis le lundi 03 mai, nous n'avons plus jamais revu ces délégués. Pour notre part, nous nous réjouissons d'avoir déjoué un vaste complot dirigé contre les forces démocratiques. En le faisant, si nous avons mal agi, il appartient aux uns et aux autres d'en juger.

Concernant le second problème, il convient de rappeler que l'apparition de la NDP sur la scène politique de notre pays a donné des frissons à certains responsables de parti de l'opposition. Nous avons tous en mémoire, le différend UFC-NDP qui n'était que le résultat d'une volonté manifeste de ce parti de contrôler le mouvement. Dans cette affaire, sur conseils des uns et des autres, nous avons observé le maximum de retenue, ce qui a laissé un doute dans les esprits et permis à chacun de faire son commentaire. Notre souci était de préserver l'autonomie du mouvement vis à vis de nos partis. L'UFC ayant lamentablement échoué, c'est le tour de Maître Agboyibo de prendre la relève. Je tiens à préciser que la NDP n'a aucun problème avec le CAR parce que j'estime que ce parti regorge de cadres et valeurs intellectuelles respectables qui ne sauraient se rabaisser à ce niveau. Néanmoins, la NDP a un problème avec la personne de Maître Agboyibo. Je n'ai pas de termes pour qualifier le comportement (…) du leader du CAR. Il existe parfois certains hommes politiques qui n'ont aucune valeur intrinsèque, et ces hommes cultivent l'inculture politique au sein de la jeunesse; parce qu'ils n'ont pas de valeurs eux même qu'ils sont incapables d'encadrer leurs jeunes dans le sens de la morale et de l'éthique. Parmi ces hommes, il se trouve un certain Maître Agboyibo envers qui j'ai quand même un profond respect. Les évènements de ces derniers jours entre la NDP et maître Agboyibo ne sont que le résultat d'une stratégie de contrôle du mouvement longuement mûrie par le leader du CAR. Lors du différend entre l'UFC et les jeunes de ce parti membres de la NDP, le leader du CAR avait incité le camarade Yidi a déclenché une fronde au sein de la CDPA un parti qui n'avait aucun problème avec ses jeunes. Le but de la manœuvre était de sortir le camarade Yidi de l'anonymat, de le mettre en scelle et une fois qu'il sera connu, de le pousser à prendre la tête de la NDP. Tous les jeunes de la CDPA aussi bien au Togo qu'à l'extérieur, ont ouvertement désapprouvé l'acte posé par Yidi, surtout que ce dernier à la veille de sa fronde était ensemble avec le professeur Gnininvi. Les autres militants de la NDP ont refusé de le soutenir, du fait qu'aucune raison ne justifiait son acte. C'est ainsi que Yidi qui se disait militant farouche de la CDPA, est devenu par la force des choses un ami intime de Maître Agboyibo, et ils s'appelaient souvent "neveu" et "oncle". Ils étaient presque tous les jours ensemble, et Yidi ainsi que Agoro et Yaguissagou rendaient fidèlement compte au leader du CAR des projets de la NDP, et ce dernier leur demandait de faire tout pour passer ses points de vue au cours de nos réunions. Entre temps, le leader du CAR a désapprouvé l'exclusion du vice-président de la NDP par l'assemblée générale. En rappel, l'ex vice-président de la NDP qui était militant du CAR, s'était rendu en compagnie du fils de Maître Agboyibo, à Lomé II. Il donna ensuite lecture d'une déclaration mensongère cette fois ci en compagnie du fils du leader du CAR ainsi que de son chauffeur, déclaration dans laquelle il accusait l'opposition de préparer des troubles en vue d'empêcher l'ouverture des consultations UE/Togo. Le CAR n'a pris aucune sanction contre ce militant que Maître Agboyibo continue de rencontrer régulièrement. Quant à son chauffeur, il est toujours à ses services. Bizarre n'est ce pas?

Par la suite, maître Agboyibo sollicite une alliance avec la NDP qu'il justifiait en ces termes:
1- Selon le leader du CAR, compte tenu de l'audience de la NDP au sein des chancelleries et sur le plan international, cette alliance lui permettra de remettre en confiance les nombreux donateurs de son parti qui entre temps, l'avaient abandonné. Elle permettra aussi à la NDP d'avoir aussi des moyens pour financer ses activités.
2- Cette alliance lui permettra d'aller directement négocier avec Lomé 2, indépendamment des autres leaders de l'opposition; il apparaîtra donc comme celui qui débloque les situations difficiles
.

Cette proposition d'alliance analysée à l'Assemblée générale, a été rejetée à l'exception de nos trois camarades. Cette première partie de son plan ayant échoué, le leader du CAR s'est mis à susciter dans des journaux, des articles mensongers et diffamatoires contre la NDP. Il poussait ensuite nos trois camarades à l'indiscipline dans le groupe. Nos trois amis rapportaient naïvement tout ce que le leader du CAR leur demandait de faire pour disloquer le mouvement. Selon Yidi lui-même, le leader du CAR trouvait en Gilbert Atsu, l'obstacle majeur du rapprochement CAR/NDP. Il fallait donc le destituer ou à défaut, créer une scission qu'il était disposé à financer. Après toutes ces manœuvres, le leader du CAR revient avec d'autres propositions.

D'abord il demandait avec insistance à la NDP de publier un communiqué soutenant les propositions de crise qu'il a transmis à Romano prodi; ce que nous avons refusé. Ensuite, dans le courant de mars où il prévoyait célébrer le 13ème anniversaire du FAR, il a souhaité que la NDP mette à sa disposition ses jeunes afin d'assurer la réussite de la manifestation. Nous avons demandé à être co-organisateur, il a refusé. Les contours de cette manifestation n'étant pas clairs pour nous, nous avons en Assemblée générale, décliné l'offre à l'exception de nos trois camarades. Le président du CAR s'est effondré, et la manifestation pompeusement annoncée à tourné court, faute de militants. A partir de cet instant, Agboyibo a commencé à affirmer à qui veut l'entendre que la politique n'était pas une affaire de jeunes.

Lors de la visite des ambassadeurs des ACP au Togo, le président du CAR a déployé tous les moyens pour nous convaincre de ne pas les rencontrer. Il affirmait que cette mission était douteuse et commanditée par le pouvoir. Ses arguments n'ayant convaincu personne, nous nous sommes déplacés pour rencontrer la délégation. Curieusement, dans la salle d'audience, Yidi prenant la parole après le secrétaire général, a commencé par donner les raisons pour lesquelles le leader du CAR a boycotté la délégation des ACP. L'ambassadeur Obia très frustré, l'a immédiatement rappelé à l'ordre en lui disant qu'il n'était pas l'envoyé d'Agboyibo. Le même scénario s'est répété lors du séminaire sur la décentralisation. Pour (lui), il ne fallait pas que la NDP participe à ce séminaire parce que c'était une manœuvre du pouvoir pour détourner les consultations de leurs objectifs. Nous avons clairement signifié au leader du CAR que la NDP n'avait aucune intention de boycotter ce séminaire… Malgré ces échecs, le leader du CAR n'avait pour autant pas abandonné son projet. C'est ainsi que selon les propos rapportés par Yidi lui-même au président de la NDP le 02 mai, Maître Agboyibo avant de s'envoler pour Bruxelles où il allait rencontrer l'ambassadeur Obia, le même qu'il avait déjà qualifié d'ambassadeur alimentaire, leur a demandé de créer une scission dans le groupe, contre 2000 000 fcfa.

Lorsque nous avons doigté au cours de notre conférence de presse du 12 mai, Maître Agboyibo d'être l'instigateur de ces événements, il a reconnu les faits en publiant un communiqué qu'il a pris soin de faire signer par un jeune de son parti.

Quelle leçon faut tirer du comportement du leader du CAR?

Le comportement de Maître Agboyibo s'apparente à un politicien qui a brûlé toutes ses cartes aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Récemment, pour dribler ses collègues de l'opposition, il n'a pas hésité à déclarer dans un journal de la place qu'il était en discussion avec des barons du pouvoir que le chef de l'état avait mandatés. Très surpris, le Président de la République l'avait convoqué à Lomé 2 en présence des ambassadeurs et de tous les journalistes pour confrontation. Il n'a pu justifier sa déclaration, et c'est dans ce marché de dupe qu'il voulait associer la NDP. Vis-à-vis de l'extérieur, la lettre qu'il a adressée aux ambassadeurs des ACP, qualifiant leur mission de douteuse, a été distribuée par l'ambassadeur Obia à tous les pays ACP et UE. S'étant rendu compte qu'il avait commis une gaffe, il s'est précipité pour aller à Bruxelles rencontrer l'ambassadeur Obia. En mal de repère, le leader du CAR perd tout contrôle. En demandant à un simple porte parole sans aucun pouvoir, de destituer son président indépendamment des textes, il vient de nous prouver son talent d'éminent avocat. Mais la question est de savoir qu'aurait fait Maître Agboyobo si un matin le porte parole du CAR à travers un communiqué, le suspendait de ses fonctions? Yidi accuse son président de gestion opaque et que des fonds auraient été envoyés d'Allemagne pour la célébration du 27 avril, et qu'il n'était pas au courant. Nos trois amis après leur forfaiture, tentent de jeter le discrédit sur le mouvement. Personne n'a envoyé des fonds de Hambourg pour organiser les festivités du 27 avril, les uns et les autres peuvent vérifier cette information auprès de nos amis de Hambourg. Néanmoins, la GS-NDP lors du dernier séminaire que la NDP a organisé à Brother Home à l'intention de ses militants, nous avons reçu un appui financier de nos amis d'Allemagne soit 170.000f cfa, la moitié du budget. Cette somme a été présentée en assemblée générale et 150.000f ont été remis au trésorier Yaguissagou qui s'est chargé de régler toutes les dépenses et payer le déplacement des délégués venus de l'intérieur du pays.

Concernant le 27 avril, nous avons voulu redonner à cette fête toute sa signification, alors il fallait relever le défi. Il a été demandé aux uns et aux autres de cotiser. Le président s'est débrouillé lui seul pour payer les exigences de l'artiste. Le secrétaire général, présentement vice-président du bureau réaménagé, ayant une situation plus confortable que les autres, a donné lui seul 70.000 f, ce qui a permis de commander les tricots. C'est au camarade Yidi, président du comité d'organisation qu'on a remis des moyens pour aller louer les motos et voitures qui ont servi à la caravane. Après le 27 avril, un bilan a été fait le samedi 31 avril en assemblée générale, et Yidi lui-même se disait satisfait de l'organisation. Cependant, le mouvement avait une dette de 30.000f à verser à Radio Nostalgie qui avait assuré la sonorisation des lieux. En outre, certains délégués venus de l'intérieur n'ont pas pu rejoindre leurs milieux le même jour, faute de moyens pour rembourser leur retour. Au sein de la NDP, il a été institué une cotisation mensuelle et hebdomadaire. Tous ces fonds se trouvent actuellement avec Yaguissagou qui refuse de les restituer. Comment des individus qui se comportent de la sorte peuvent parler de gestion opaque du mouvement? Ils se sont toujours plaints de n'avoir pas de moyens pour survivre.: Yidi se plaignait de n'avoir pas de moyens pour louer une chambre, et c'est Gilbert qui s'est battu pour lui trouver de l'argent afin qu'il loue une chambre. Agoro se plaignait également que son portable est perdu, le président et le secrétaire général ont cotisé de l'argent pour lui trouver un mobile. Quant à Yaguissagou, il y a de cela trois semaines, il affirmait n'avoir pas de moyens pour aller aux chevets de ses parents malades à Kpélé-Adéta, et c'est le même Gilbert qui lui a payé son déplacement. Au cours des évènements de ces derniers jours, nos trois camarades ont subitement trouvé de l'argent pour organiser une conférence de presse au restaurent la pirogue, suivi d'un grand cocktail. Les rares journalistes qui se sont déplacés et qui ont voulu trop en savoir, ont été qualifiés de provocateurs par nos trois amis. Certains journalistes très en colère, ont dû quitter les lieux avant la fin du cinéma. Le choix du lieu de la conférence de presse n'est un hasard puisque tout le monde sait que c'est Maître Agboyibo qui l'habitude depuis le FAR, d'organiser ses activités dans ce restaurant.

En définitive, je peux dire qu'il existe encore dans ce pays, certaines personnes qui ont fait de leur statut d'opposant une profession. Pour eux, le titre d'opposant est une marque déposée. C'est pourquoi il faut anéantir tous ceux sont entrain de réussir là où ils ont échoué. Alors, tout comme le RPT, on manipule, on diffame. J'estime que Maître Agboyibo a eu 14 ans pour faire ses preuves, seulement le résultat est là. Qu'il laisse les jeunes dont l'avenir est hypothéqué, s'organiser aussi. Mais tant qu'il se comporteront ainsi en se détruisant au lieu de combattre le RPT, la crise dans ce pays sera encore longue. Il appartient donc aux jeunes où qu'ils se trouvent, de prendre leur responsabilité devant l'histoire. Pour nos trois amis, je leur rappelle que la trahison existe depuis la création du monde et j'espère que les 2 millions vont résoudre leurs difficultés jusqu'à la fin de leur vie, surtout si Maître Agboyibo a été capable de leur donner cette somme. Quant au leader du CAR, nous le convions à un débat surtout en ce moment où les médias sont libérés, pour la manifestation de la vérité. Il a cru choisir le bon moment pour prendre le contrôle de la NDP, malheureusement c'est raté. Et j'espère qu'il choisira désormais la voie de la sagesse pour faire honneur à toute l'opposition togolaise et surtout aux militants de son parti.


Lomé, Togo, 17 mai 2004
Ferdinand Mensah Ayité
Secrétaire Général NDP
Courriel: ayimenferd@yahoo.fr

Commenter cet article